D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il a toujours su qu’il avait été adopté, et n’en a jamais fait toute une histoire. Mais maintenant, c’est justement de ça, dont il voudrait faire histoire - celle de l’abandon. Ou plutôt celle de sa mère biologique, Hajiba, qui avait 15 ans lorsqu’elle lui a donné naissance. Si Léon n’a jamais ressenti de rancœur envers son statut d’enfant adopté, la société lui a bien souvent renvoyé l’étiquette de la victime. Or, s’il y a victime, il y a coupable ; et ce rôle revient presque toujours à la mère biologique, celle qui a abandonné (le père biologique lui, restera pour toujours notion abstraite). En partant de son histoire personnelle mise en perspective à travers le prisme plus large du contexte socioculturel belge des années 90, Léon explore comment déconstruire l’image de la mère abandonnante. Avec Hajiba l’innocente, il cherche à donner voi(x) à cette femme, et par la même occasion à beaucoup d’autres.
Léon Idit et son projet seront abrités au sein de La Verrière à partir de septembre 2024.